Ode à Bashung : juste faire hennir les chevaux du plaisir

La petite entreprise d’Arnaud Colignon ose le vertige des grands espaces ce samedi 11 janvier à Bourg. Un show chic et très rock qui revisite sans imitation ni trahison l’œuvre infinie du poète disparu. Bashung ? Un hymne à la liberté.

Dix ans déjà qu’Arnaud Colignon et ses complices tournent Ode à Bashung. Depuis la disparition du poète, ils longent le corps, épousent les méandres d’une œuvre infinie qui se redécouvre à chaque écoute. « Sans imitation ni trahison » selon la juste expression des deux chauves de la Préfecture. « Une histoire qui se construit depuis 2010 » résume Arnaud Colignon.

Vertige des grands espaces

Photo Marc DAZY

Depuis 2018, sa petite entreprise ose le vertige des grands espaces. Gros son (Nicolas Goyon), éclairages de lux (Jean-Marc Michollet), jeux d’ombres et chorégraphies (Margot Couturier), Ode à Bashung en jette. Côté musique, ça dépote. Arnaud Colignon (voix, guitare) chante le Bashung qui l’habite, poète rock toujours sur la ligne blanche ou crooner rêveur en apesanteur ; Sylvain Fox Bouton amène ses claviers atmosphériques ; Nicolas Murtin (basse) et Félix Moronnoz (batterie) forment une rythmique hénaurme, tandis que le guitariste (très) électrique Rémi Salaün conjugue brio et sobriété.

Après une dizaine de dates, le spectacle est bien rôdé. « On est plus relâchés. C’est plus agréable, plus naturel ». Sur le fond et la forme, pas de changement notoire. « On a juste essayé d’amener plus d’interaction avec la danseuse ».

Photo Marc DAZY

 » Aucune leçon, juste des propositions. A toi de créer ton scénario, d’écrire ton histoire ».

L’Ode balaie l’ensemble de l’œuvre, de Roulette russe à Bleu pétrole. Reprend les hits bashungiens (Osez Joséphine, La nuit je mens, Madame rêve, J’écume…), sans hésiter à prendre la contre-allée de morceaux oubliés (Danse d’ici, Martine boude) ou bonifiés (Ma petite entreprise, Gaby…)

La tracklist reste la même, hormis quelques aménagements sur le final et le rajout d’un incontournable : ces Volutes qu’on lui avait réclamées avec insistance. « Bonne suggestion, reconnaît Arnaud. Ce titre country, léger, procure un sentiment d’évasion ».

En revanche, il n’a pas accédé à notre demande de Nights in white satin, ni de Samuel Hall. Vrai que le premier est une reprise des Moody Blues, et que l’autre porte la griffe de Rodolphe Burger. « Samuel Hall est difficile. Je ne me sens pas de le faire. On n’a jamais osé se lancer dans cette affaire ».

Ode à Bashung, dans l’ombre du maître/Photo Marc DAZY

Ni imitation, ni trahison, mais un peu d’intimidation face à ce trésor, Bijou, bijou dont il n’a pas encore percé le sortilège. « Je n’ai pas fini de le comprendre. Je continue à le découvrir en ayant toujours autant de plaisir à me saisir de ce qu’il a fait ». Bashung à la fois inaccessible et grand ouvert. « C’est un hymne à la liberté. Aucune leçon, juste des propositions. A toi de créer ton scénario, d’écrire ton histoire ». Lâcher la bride, juste faire hennir les chevaux du plaisir.

Ode à Bashung. Samedi 11 janvier. 19h30, salle du Vox à Bourg. 15€. Complet. Contact : 04 74 51 86 54.  

Dark Mazy

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