Punk, crooner et délirant : Erwan Pinard, ça devrait être o-bli-ga-toi-re !

Ce mardi 6 octobre au Théâtre de Bourg, Erwan Pinard donnera son premier concert depuis sept mois. Autant dire que ce punk-crooner revendiqué a les crocs ! L’obsolescence programmée, l’indicible et le pinard, Erwan dit toute la vérité.

Pinard

Vin, synonymes : jaja, jibolin, rouquin, picrate, pinard… Nom prédestiné pour un gars qui ne crache pas dessus. « Le pinard, ça devrait être o-bli-ga-toi-re !» enjoignait Coluche en 1975… L’année même de la naissance d’Erwan ! En préambule, je lui raconte l’histoire que je tiens de ma grand-mère. Il y a un siècle passé, dans un petit village de Saône-et-Loire, le curé Pinard avait sauvé des habitants de la grippe espagnole grâce à une décoction de son cru. Un parent ? Un rapprochement ? Erwan Pinard sourit. « Je ne crois pas. C’est juste que ce nom parle aux gens et les amuse. Il y a toujours une personne qui connaît un Pinard ».

Prof

En dehors des planches, Erwan Pinard enseigne la musique dans un collège de l’agglomération lyonnaise. Prof il est, et tient à le rester. « Pour la transmission, oui, sans doute. Pour mon équilibre mental aussi. Et pour le salaire ».

Erwan Pinard 6 octobre 2020 au Théâtre de Bourg.
/Photo Thomas WEBER

Indicible…

Erwan Pinard 6 octobre 2020 au Théâtre de Bourg. L'indicible
/Photo Jean-Christophe MAZUE

Le nom du 4ème et nouvel album d’Erwan Pinard à paraître en janvier 2021. « L’indicible, c’est ce qui ne peut pas se dire parce que ça dépasse la parole. Je parle de mon petit monde. Des émotions enfouies, enfuies. De ce qui n’a pas été dit parce que c’est trop tard, ou pas à temps, ou pas encore. A chacun de faire son propre package ».

…Et acide

L’indicible est sous-titré « treize titres tristes ». « C’est plus pour l’allitération. Le fond est sombre. Mais plus que tristes, les titres tirent davantage vers l’absurde, l’autodérision, le côté acide. Les rapports humains, le manque de communication par exemple. Tout va très vite. Chacun choisit un camp et tape sur l’autre ».

Punk…

« Personne affichant divers signes extérieurs de provocation afin de caricaturer la société » peut-on lire dans sa bio. « C’est de moi mais ça été démultiplié par la suite. Quand on lance un truc comme ça, faut pas se louper !» Punk, il se revendique, plus dans la manière de bousculer les codes que dans sa musique, mélange indicible de rock brut et de mélodies pop ouvragées.

…Et crooner

« Chanteur de charme à la voix grave ». Toujours lui. Chez ce barytonitruant, le crooner habite le keupon et réciproquement, de la même façon que Sinatra hantait Sid Vicious.

De Monteverdi aux Idles

Cette dualité se retrouve dans sa discothèque. « En ce moment, j’écoute Monteverdi, des copains/copines qui chantent, Billie Ellish ou les Idles (NDR : punk rockeurs anglais fous furieux). Ça, c’est bien pour faire la vaisselle. On la casse en même temps !» 

Obsolescence programmée

Erwan Pinard 6 octobre 2020 au Théâtre de Bourg. Obsolescence programmée
/Photo DR

Rien à voir avec la mort annoncée du lave-vaisselle. « L’obsolescence programmée, c’est celle de nos relations amoureuses ». Que le 3ème   album d’Erwan Pinard ainsi titré décortique « avec humour et amertume ».

Abstinence et jouissance

« Au moins, le confinement nous aura servi à peaufiner le nouvel album. Mais on a dû annuler pas mal de dates. Aujourd’hui, tout le monde est un peu frileux. Ça a du mal à repartir. Mardi à Bourg, ce sera mon premier concert depuis sept mois !» Autant dire que le punk-crooner a les crocs. Après des semaines d’abstinence, refaire de la scène sera une véritable jouissance.

/Photo Laurent BUGNET

Chansons piégées

Erwan Pinard, c’est un spectacle à lui tout seul. Le poète-poète balance (c’est le mot) entre les harmonies avec parcimonie, la rage qui dégage et un humour aux confins de l’absurde absolument irrésistible. Il y a du Bobby Lapointe chez ce tendre dynamiteur. Lui, dit qu’il fait « des chansons piégées. Il y a souvent une couche de gras qui dissimule un morceau de tendresse. Ou l’inverse : on part sur une chanson tendre et on tombe sur une saloperie ».

Le Soulage de la chanson

« Au no future, je préfère le yes future » tempère le punk d’aujourd’hui. Qualifié parfois d’optimiste bienveillant, Erwan Pinard voudrait « mettre de la lumière dans la noirceur ». Le Pierre Soulage de la chanson ? Pas loin. Lui, citerait plus ce tonton flingueur de Michel Audiard. « Je te dis pas que c’est juste. Je te dis que ça soulage !» Ou bien. « Heureux les fêlés parce qu’ils laissent passer la lumière ».

Erwan Pinard. 6 octobre 2020. Théâtre de Bourg.
/Photo Laurent BUGNET

Demandez le programme

Mardi 6 octobre, 20h00, au Théâtre de Bourg-en-Bresse.

Erwan Pinard (guitare, trompette, chant) est accompagné par les frères Aubernon, Jérôme (guitares et violons électriques, chant, thérémine) et Lionel (batterie, claviers). Le répertoire couvre les quatre albums, dont le prochain que le trio a déjà beaucoup tourné sur scène.

Tarifs : 10/20/24€. Il reste quelques places disponibles à la vente. Placement libre, assis et distancié.. Masque obligatoire.

Contacts, réservations : https://www.theatre-bourg.fr/ Tel : 04 74 50 40 00.

Dark Mazy

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