Les dix concerts de l’automne entre Rhône et Saône

Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone ? Que dalle, oui ! Ça joue, ça jouit dans toutes les bonnes salles de la région. Les temps forts de la rentrée 2019 en dix dates.

Brigitte Fontaine

Photo Tu Minh Tan

La poétesse la plus destroy de France poursuit ses chimères musicales et littéraires. 80 ans, La belle affaire. « Je suis vieille et je vous encule ». Tout est dit.

Mercredi 16 octobre, 20h00, Radiant de Caluire

Catherine Ringer

… Chante les Rita Mitsouko. Elle pourrait être la digne héritière de la Fontaine. Performeuse de tempérament, artiste tous azimuts, jamais très loin de son Fred disparu. Réentendre les Rita Mitsouko par Cathy Ringer est une vraie impatience.

Samedi 12 octobre, 20h00. Moulin de Brainans. Complet forcément. C’est comme ça.

Au four et au moulin. En invitant la Mitsoukette (date unique dans la région), le Moulin de Brainans réalise l’un des meilleurs coups de la rentrée. Pour ses quarante ans, la scène du Jura affiche une forme olympique, avec entre autres le Bal des enragés, Miossec, Raoul Petite, Les Ogres de Barback, Lucky Peterson ou Orange Blossom ! Excusez du peu.

Bertrand Belin

/Photo Bastien BURGER

Plus tranquille que les pétroleuse précitées ? Ne pas s’y fier. Derrière ses airs de dandy lunaire, Bertrand Belin cache un cœur de rocker sous le velours du crooner. Tout dans le second degré déjanté et l’humour p(r)ince-sans-rire. On adore.

Mardi 5 et mercredi 6 novembre, 20h00, Théâtre de Bourg-en-Bresse

L’Épée

Photo Richard Dumas

Parmi ses collaborations multiples, Bertrand Belin fréquente The Limiñanas, couple fabuleux féru de garage colorisé au psychédélisme 60’s. Ici, Lionel et Marie Limiñana (le guitariste barbu et la batteuse aux cheveux rouges) s’associent avec Emmanuelle Seigner (oui, oui, l’actrice qui chante) et Anton Newcombe, le gourou du Brian Jonestown Massacre ! Ces chevaliers fantômes cavalent entre Velvet sous emphét’, rock psyché ou yéyé acidulé. On signe. A la pointe de l’Épée bien sûr.

Mardi 17 décembre, 20h30, Épicerie moderne de Feyzin.

Sleaford Mods

Sleaford Mods/Photo DR

L’Épicerie moderne attaque dans le bois dur ce jeudi 19 septembre avec les rockers tout frais, tout neufs de Last Train. Le très prometteur quatuor alsacien est venu rôder son deuxième album, « The Big Picture », à Feyzin. Dans une programmation aux petits oignons (Deerhunter, Lou Doillon…), cochez bien Sleaford Mods, duo de prolos anglais minimaliste et furieux.

Vendredi 24 octobre, 20h30, Épicerie moderne de Feyzin.

Ludwig Von 88

Photo Patrick Imbert_Hans Lucas

« Louison, Louison Bobet !.. » Non ? Si ! Les Ludwig, l’un des gangs fondateurs du punk de France, revient dans la course après quinze ans d’interruption du son et de l’image. Cerise sur le gâteau (dans ta face le gâteau), c’est Tagada Jones qui ouvrira une soirée que l’on présume énervée.

Vendredi 6 décembre, 20h00, Transbordeur de Villeurbanne.

Signé Mediatone. Brigitte Fontaine, Ludwig Von 88, mais aussi De Luxe, Eiffel, Mass Hysteria, les No One, Suzane ou les rapeurs russes (!) de Little Big. Autant de dates qui auraient mérité de figurer dans le top 10 de la rentrée. Derrière cette programmation pertinente et fureteuse, s’activent les lyonnais de Mediatone à la production. Qui dit mieux cet automne ?

Suzane

Plus discrète, la Tannerie de Bourg-en-Bresse propose une saison aussi dense et ouverte qu’à l’accoutumée. Pas de têtes d’affiche ronflantes mais ce mélange des genres et des formes (voir la programmation gratuite au café) qui fait toute l’identité de la salle.

Citons Jahneration & Wailing Trees côté reggae (4 octobre), Nach en piano-voix (12 octobre) pour la chanson, Moonspell & Rotting Christ (9 novembre) famille métal à poils durs, Lucky Peterson façon blues (17 novembre), ou Lysistrata, jeunes chiens fous bourrés de peps et de brio, pour finir l’année pied au plancher (7 décembre).

Coup de foudre ? Suzane, perle électro que la Tannerie a eu la bonne idée d’aller pêcher avant la grosse vague qui s’annonce. Compliments. Vendredi 15 novembre, 20h30.

/Photo Pierre FLORENT

Mixtape Running Club. La Tannerie ouvre ce jeudi 19 septembre, 19h00, avec Jesuslesfilles (power pop canadienne) en concert gratuit, présentation d’automne à la clé. A cette occasion, le Mixtape Running Club enregistrera une nouvelle session en direct. Où un trio de mélomaniaques sympathiques présente ses coups de cœur du moment autour d’un thème choisi. Diffusion le dernier samedi du mois de 18h00 à 19h00 sur Radio B, les bonnes ondes (90 FM).

La messe de minuit

Le peps et le brio des jeunes chiens fous de Lysistrata. Samedi au Transbo, le 7 décembre à la Tannerie

Déjà Noël ? Pas loin, à voir l’affiche de folie concoctée par le Transbo ce samedi sous l’appellation incontrôlable de « messe de nuit ». En tête, Fat White Family, chroniqueurs acerbes d’une Angleterre formellement déconseillée aux enfants de chœurs. Le reste de l’office est de la même liturgie. Yak, Lysistrata, The Psychotic Monks, Décibelles, Bandit Bandit ! Bref. Une joyeuse bacchanale, en forme de best ouf du rock indé. La messe est dite et devrait se prolonger bien au-delà des douze coups de minuit.

Samedi 21 septembre, 20h00, Transbordeur de Villeurbanne.

La Maison Tellier

A poil ! La Cave à Musique de Mâcon effeuille sa programmation d’automne ce vendredi 20 septembre à 21h00, mais pas grand chose à se mettre sous l’Adam. De moins en moins « à musique », la Cave mise autant sur la proximité, les petites formes, la découverte, le jeune public ou le café-théâtre, que sur les concerts à audience. Si, quand même. Hilight Tribe ou Roni Alter, ça cause. La Maison Tellier encore plus, tant on est fan du folk-rock solaire de ce groupe sensible et singulier.

Vendredi 4 octobre, 21h00, Cave à Musique de Mâcon.

Pixies

Fut un temps où l’on aurait creusé un tunnel sous Caluire pour assister à leur concert au Radiant. Mais au vu de prestations récentes et navrantes, on s’interroge sur la permanence d’un groupe devenu plus Picsou que Pixies. Après, l’entreprise dispose d’un tel catalogue – enrichi de surcroît par un septième album – que tout reste envisageable. On devrait peut-être commencer à creuser quand même…

Dark Mazy

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